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They sculpt silence

With the calm of an ancient gesture, she cuts the stone as one would heal a wound.   Each shard falls, but what it builds is new strength.   These women don't seek to forget. They transform. They transmit.

And I am there, witness to their rebirth, sometimes a guide, sometimes a student.   This link is also a work.

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Faceted and cabochon stones

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Beauty born from chaos

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Precise hand

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Resilience to the millimeter

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Quiet victory

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A page that opens

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Nourishing gesture

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Giving a taste for tomorrow

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Useful complicity

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Hand in hand

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Rejected, beaten, invisible – and yet so alive

They sleep in the rain, using concrete as mattresses and the gutter as shelter. They don't really sleep... they keep watch in fear. The night is often more violent than the day. Accused of being "so-called witch children," rejected, beaten, raped, hated, they learn to survive before they can read. Their eyes carry hunger... not just for bread, but for love, justice, peace. And yet, some days, they sit. Listen. Draw an addition on a wall. A fragment of school emerges in the chaos. A fragment of childhood too.

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Moses, rising towards tomorrow

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The gesture towards life

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Emerald, first notebook

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The zeros that count

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Lessons in the dust

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Here, learning is an act of survival.

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A little rice on the ground

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The ground is their table, and every meal a victory

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Healing the Wounds of Silence

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A gesture of kindness. An act of hope.

Building a future off the street

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Zola-Lola-Bana

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Zola=Love - Lola=Paradise - Bana=Children

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From the street to the domed houses

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After school, Emerald builds her future

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Masonry, the foundation of a future

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Diego and Exocé, artisans of their own history

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Discovering their heritage

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A journey through culture and history

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School, the root of the future

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Where each day forges a destiny.

Une école née de la rue

 

À l’origine, je n’étais pas venue à Kinshasa pour créer une école. J’étais venue pour acheter un terrain, poser les bases d’un éco-village pilote : des maisons Dômes, rondes, solides, écologiques, un système de biogaz, un potagers, d’arbres fruitiers, un espace de vie autonome. J’avais trouvé le terrain et je m’apprêtais à repartir. Ma première mission était accomplie.

 

Et puis, juste avant de prendre mon avion, je suis tombée sur Moïse.

 

Il n’avait pas ce regard dur et tendre qu’on romantise parfois. Il était mourant. Il faisait une septicémie. Un enfant des rues, légèrement autiste, de troisième génération né dans la rue, invisible pour tous, abandonné dans un état critique.

 

Et là, j’ai su que je ne pouvais pas partir. J’ai annulé mon vol. Je suis restée. Et tout a basculé.

 

Avec Moïse, puis avec d’autres enfants venus de la rue, on a créé une école, dans la rue même. Une école sans murs, faite de gestes quotidiens : des repas, des soins, de la danse, du foot, du théâtre, des sorties du dimanche. On riait, on apprenait, malgré la violence autour.

 

Mais on a été agressés constamment. Volés. Harcelés. Menacés.

 

Alors j’ai pris une décision difficile : j’ai emmené 12 enfants avec moi, et nous sommes allés vivre sur le terrain des maisons Dôme, qui n’était encore qu’un chantier de construction. On vivait au milieu de la poussière et des briques, mais au moins, ils étaient protégés. Les plus petits ont été scolarisés et les plus grands je les ai embarqués dans des pré-apprentissages sur le chantier. Pendant plus d’un an j’ai vécu avec les enfants sur ce chantier et la priorité était de construire avec eux leur maison.

 

Début décembre 2023, je suis tombée gravement malade et n’ai reçu les soins qu’une fois arrivée en Suisse en avril 2024. Pendant mon séjour ici, nous avons été pillés, moi et les enfants, par ceux à qui j’avais confié ma clé.

 

Sur les 12 enfants que j’avais pris avec moi, 7 sont malheureusement retournés dans la rue, ce qui me brise le cœur. Certains ont commis des crimes, d’autres n’ont pas voulu se soumettre à des règles comme aller à l’école. Nous manquions cruellement de personnel formé, d’éducateurs spécialisés pour ces enfants de la rue. Ce n’est pas un jardinier qui peut les éduquer, comme je l’ai appris à mes dépens. Aujourd’hui, je sais qu’ils se retrouvent de nouveau dans la rue, et je me sens impuissante face à cela. 

 

Ce que nous avons vécu est vrai. Brut. Et précieux. Cette école née de la rue n’existe plus aujourd’hui, mais elle vit à travers mes œuvres, les pierres, les visages, les cicatrices et les espérances que je peins.

Parfois, je me dis que si je suis partie au Congo rien que pour Moïse, alors ça en valait déjà la peine. Aujourd’hui, il a un toit, des repas réguliers, quelqu’un pour veiller sur lui quand il est malade, un lit où poser sa tête. Il va à l’école, il reçoit une éducation.— imparfaite peut-être, mais réelle. Il n’est plus dans la rue. Il a le droit de jouer et d’être juste enfant. Lui Moïse,  avec Émeraude, Savoix, Diego et Bron, ils sont ma consolation.

Un hommage à Kymia, ma chienne boerboel fidèle, la seule qui ne m’a jamais laissée tomber. Elle veillait sur moi et sur les enfants avec une tendresse exceptionnel et une force que je n’oublierai jamais.

Thanks

To all those who supported me, through your prayers, your calls, your presence, your generosity, I offer you a huge thank you. Whether here in Switzerland or over there in Africa, you were there, some bringing food, others a little money, still others taking care of children or simply keeping watch from a distance. Many did extraordinary things, for me, but especially for themselves. And I never want to forget you. Without you, none of this would have been possible.

And perhaps one day this project, which I carry within me like a heartbeat, will come alive again. Perhaps in Congo, perhaps elsewhere. A child's suffering remains the same no matter the place.

And now?

This project, in its initial form, ended there. But I continue to support the children remotely, to maintain the connection, to remain present as much as I can.

If one day, someone feels the impulse to relaunch this type of project—an autonomous village, a training center, or something else—I'm there. With my experience, my field expertise, and above all, with everything I learned from living with twelve street children in my arms, on a life project.

I deeply believe that projects that last are those carried out by united forces. If you have ideas, resources, or simply the sincere desire to be part of such an adventure, then perhaps it can all take a new lease of life, differently, together.

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